Six heure toujours ce fichu réveil qui sonne, Jean
Pierre part le premier, je le suis après avoir soigner mes pieds.
Sept heure vingt il fait encore un peu frais quand je pars, le chemin emprunte une petite route, sur laquelle le jeu consiste à marcher en essayant de ne pas
écraser les escargots, il y en a des centaines, des petits limaçons comme on dit dans le midi. Dès que j’ai marché un km, la douleur sous mes pieds devient anecdotique, cela me
rassure un peu pour la suite du voyage.
Je longe une digue de 2 mètres de hauteur, bâtie pour se protéger des crus du Vidourle, qui serpente à environ 500 mètres de la digue.
Moulin sur le Vidourle
Marche le long de petites routes, puis chemin sous les pins, j’apprécie cette manière de voyager, j’ai l’impression de faire un retour dans le passé, ce soir
j’atteindrai Montpellier après trois jours de marche alors que j’ai fait souvent le parcours en moins de deux heures, chaque pas est une
découverte, chaque détails aperçus, n’est pas aussitôt effacer par un autre.
Je ne verrai pas l’opidum d’Ambrussum, pourtant le chemin aurait du passer à proximité, j’étais peut être plongé dans mes pensées quand je suis passé devant.
J’atteins l’ancienne voie romaine qui suit l’autoroute, je suis vraiment très déçu, elle a perdu complètement son empierrage à l’exception de quelques tronçons très courts et
ressemble le plus souvent en un chemin de service.
La musique de la nature a été remplacée, par les bruits des véhicules fonçant sur l’autoroute, je trouve ma façon de voyager d’autant plus anachronique, et cela me la rend encore plus plaisante.
Un croisement, une silhouette débouche sur ma droite, c’est Jean Pierre qui a fait une erreur de parcours, et rejoins le chemin, nous marchons ensemble un
moment puis je m’arrête quelques minutes et le laisse filer devant, Au moment de partir, je suis rattrapé par la jeune allemande, qui compte aussi aller jusqu’à Montpellier, je
lui dis que nous prendrons le bus a Vendargues pour éviter la traverser des Z.I., je ne la reverrais pas.
Je repars, longe un peu plus long un campement de gitans qui me saluent au passage, il est midi il fait très chaud, plus loin un bosquet de chênes, je
vais m’arrêter là pour manger et je retrouve Jean Pierre assis sur un tronc qui a eu la même idée. Nous repartons ensemble en discutant, chemin en terre dans la pinède c’est très agréable, mais
au bout d’un certain temps il n’y a plus de balisage, cette fois nous ne sommes plus sur le bon chemin, nous sortons du bois et au lieu de Vendargues c’est
Castrie. Nous traversons des vignes pour rejoindre un petit lotissement, faire remplir nos gourdes et demander le chemin, mes deux litres d’eau n’auront pas suffit.
La fin du parcours est pénible, nous sommes obligés de suivre une nationale en risquant de se faire écraser chaque fois que nous passons près d’un platane ou franchissons un pont.
A un carrefour giratoire une grosse mercédès s’arrête à côté de nous, elle est occupée par deux monsieur et trois dames, des gitans apparemment, qui nous demande de les dépanner car ils n’ont
plus ni essence ni argent, c’est un comble et nous déclinerons avec politesse leur demande d’aide
Nous rejoignons le chemin à l’entrer de Vendargues, l’arrêt de bus n’est pas loin.
Bus tramways, enfin le centre de Montpellier, Le gîte est attenant à la paroisse Saint Roch, il n’ouvre que vers 17h, nous nous asseyons sur la place devant une bière et une dame vient s’asseoir
à côté de nous et nous parle de son pèlerinage et surtout de son retour et de sa difficulté à reprendre une vie normale. Trois jours de marche et je commence a comprendre Jean
Pierre quand il me disait « on part randonneur et on arrive pèlerin, le chemin transforme »
Le gîte s’ouvre, nous sommes accueillis par un hospitalier qui fait tout ce qu’il peut pour nous rendre notre séjour plus facile et nous racontera sa vie pendant notre repas.
Après la douche, mes pieds me font horriblement mal, je vais acheter de nouveaux pansements, le soir avant de me coucher, je percerais mes ampoules et désinfecterais mes pieds.
Je mets à sécher mon guide trempé par la sueur du pèlerin.
Je dors mal, j’ai peur de ne pas pouvoir marché le lendemain, qu’elle déception si je devais abandonner au bout de trois jours. Dans la rue et sur la place des jeunes poussent
des cris, toute la nuit, c’est samedi soir, pourquoi ? Je n’aurais jamais la réponse.
J’aurais encore marché 30 km aujourd’hui, avec la même chaleur lourde. Pour une mise en jambe, ces trois premières étapes auront été efficaces