Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 20:10

"Rien ne vaut la marche à pied qui permet de s'incorporer de plus en plus au paysage matériel, de devenir le paysage"  L Stevenson

 

pelerin-a-villafranca.jpg

 

Le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle, je connaissais par mes lectures sur le moyen âge, je voyais ça comme une démarche archaïque et dépassée.

Puis un jour j’ai lu un reportage sur des hommes et des femmes qui partaient sac au dos sur ce chemin, en laissant tout derrière eux pour un certain temps, leur famille leur travail leur préoccupations. Ils avaient l’air si bien, si épanouis si heureux de se dépasser.

Alors je me suis dit pourquoi pas moi.

J’ai commencé à lire à m’imprégner de l’esprit qui animait les pèlerins, je ne suis pas un croyant convaincu, et le personnage de Saint Jacques m’est complètement indifférent.

  J’y ai pensé pendant trois ans, puis mon départ à la retraite anticipée, a rendu ce départ possible, j’avais enfin le temps suffisant pour atteindre  Santiago.

Je me suis dit que le but n’avait en soi pas une importance primordiale et que l’essentiel c’est le chemin cet effort de tous les jours, la  volonté de continuer malgré les petits désagréments physique, la météo parfois peu clémente. L'essentiel c'est aussi les rencontres les sourires l’accueil des gens sur le chemin.

J’ai fait ce parcours en toute modestie, conscient que je n’avais de compte à rendre qu’à moi même, sans juger personne. J’ai eu des moments de découragement dus plus à la solitude qu’à la fatigue

Pendant un mois et demi, le chemin a été ma vie, je ne sais pas si il m’a changé mais il m’en restera un souvenir inoubliable.

J’ai écris ce récit pour moi pour revivre le chemin encore une fois et si il donne l’envie à d’autre de le faire, j’en serais le plus heureux.

Vous  qui lirez ce blog,  n'hésitez pas à laisser un commentaire

(Les sites des associations donnent tous les renseignements pratiques pour effectuer le pèlerinage , on les trouve facilement sur le net.)

 

Itinéraire de la Cerca commune de brando en Haute Corse

link

 

 

 

Location voilier 9 mètres avec skipper, autour de la Corse et en mer Tyrrhénienne.

http://www.voileencorse.tk

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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 13:44

Matériel emporté

 

Sac a dos 70 litres et deux protections de sacs pour la pluie

1 bâton fait par moi-même

Duvet 600 gr

Couverture survie

Camping gaz :                                                        utile en France les jours de froid pour se faire chauffer un café en

                                                                                   cours de journée, très peu de bars  dans les villages

 

assiette couverts gobelet:                                     utiles car dans certains gîtes aucun couverts

1 petite casserole alu

couteau de poche

1 petite boussole

1 gourde en alu

une boîte plastique genre tuperware

matelas auto gonflable                                         Je m’en suis servi  deux fois mais j’aurais pu m’en passer

Tente1,2 kg                                                              Emportée lors de  mon 1er départ mais totalement inutile

Ficelle et 4 pinces à linge

4 slips

3 tee shirt anti transpiration

1 tee shirt pour  la nuit

2 pantalons de marches dont un pouvant faire short.

4 paires de chaussettes

2 polaires fines en manches longues

1 gilet polaire imperméable d’un côté

1 veste imperméable en gore tex

1 paire de chaussures de marche basse

1 paire de sandale

1 ceinture

1 casquette

1 bonnet  en polaire

1 paire de gants

1 carnet et un stylo

guide de Arles à Puente la Reina

guide de Puente la Reina à Santiago

Lampe frontale

Allumettes

Crédencial

Appareil photo et chargeur

Téléphone portable et chargeur

Pharmacie : pansement  anti-ampoules, désinfectant, pommade anti-irritation, pommade pour

                    les pieds, dafalgan, bande, genouillère.

Trousse de toilette :Brosse à dents, dentifrice,  ciseaux coupe ongle, savon de Marseille peigne, 1 rouleau PQ

Serviette de toilette, rasoir.

Aiguille et fil à coudre

Sacs plastiques pour garder les affaires au sec

En tout 12,5 kg sans le bâton auquel il faut rajouter l’eau et la nourriture pour la journée

Il m’a manqué un sur-pantalon étanche pour la pluie

Budget

Mon budget a été de 25 euros par jours en France et de 18 à 20 euros par jours en Espagne, il est difficile de descendre en dessous à moins de se priver de tout.

 

Entraînement

Pendant le mois précédent mon 1er départ, j'ai fait des marches deux fois par semaines de 18 à 20 km, ce qui s'est avéré  insuffisant pour être  à peu près en forme la 1ère semaine.

Pendant le mois précédent mon deuxième départ j'ai fait des marches de 20 à 25 km 3 fois par semaines, sans sac à dos. Finalement on s'habitue très vite au sac à dos qui ne m'a pas posé de problème. Pour moi cela a éte le bon rytme de mise en forme


 

 

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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 13:18

arles.jpg 3 septembre 2008

C’est  le grand jour, depuis ce matin je fais et refais mon sac à dos, réfléchissant sur l’opportunité d’amener ma tente, mon matelas gonflable, j’ai lu tellement de choses et leur contraire, Je les amène je verrai bien.

16h je vais dire au revoir à mes parents, ils sont fatigués ma mère souffre du dos,  cela ne me donne pas le serennité escomptée pour partir.

18h je ferme la maison, Catherine passe me prendre et m’amène au bateau, ça y est je suis sur le quai  cette fois c’est parti.

4 septembre 2008

Les deux premiers Km du port à la gare de Marseille, j’aime ce trajet qui me fait passer par le boulevard des Dames et longe le quartier des Carmes ou j’ai passé mon enfance, mais de nombreux bâtiments modernes ont remplacé les maisons plus ou moins insalubres, l’école des Présentines a été démoli,  mais l’église des carmes sur la butte est toujours là tout près de l’endroit ou j’habitais.

Le sac pèse déjà sur mes épaules, pourtant il ne fait que 13,5 kg y compris les deux litres d’eau. Je suis déjà trempé, le temps est lourd sans un souffle d’air, il en sera ainsi toute la journée.

 

Je prend le train pour Arles, lieu de départ de la voie du sud vers Saint Jacques de Compostelle.,  10 heure, le train entre en gare d’Arles, au moment de descendre je m’aperçois à temps que j’ai oublié mon bâton  dans le compartiment, une repousse de châtaignier coupée il y a trois ans , séchée dans la rivière, ferrée et plombée , pour me défendre contre les chiens , et qui me servira surtout a reprendre mon équilibre dans les passages délicats.

Arles je marche dans les ruelles pour atteindre la chapelle  Saint Honorat au milieu du cimetière romain, un monsieur m’aborde me dit qu’il aimerait bien faire le chemin lui aussi et me souhaite bonne chance,  c’est de bonne augure.  La chapelle est fermée, je cherche l’office du tourisme, pour faire tamponner mon crédential, juste un  premier tampon au milieu de nombreuses cases vides

Eglise Saint Blaise, Eglise Sainte Trophime, des milliers de gens sont passés avant moi par ici, j’aime cette idée,  être juste un maillon un grain de sable dans la chaîne des pèlerins qui ont parcouru ce chemin.

Heureusement que j’ai le guide pour sortir de la ville, celui ci est indispensable au moins jusqu’à Puente la Reina  pour les pèlerins voulant emprunter cette voie.

Pont de Trinquetaille, je traverse le Rhône et c’est presque de suite la Camargue.

 

 

01-la-camargue-03.jpg

La Camargue

 

Pas âmes qui vivent, je suis une petite route, tantôt bordée de talus, tantôt, laissant apercevoir les  prés et marais,  le goudron est bouillant j’ai mal sous le dessous des pieds Il y a des nuées de moustiques à l’ombre des tamaris en contre bas, heureusement ils ne viennent pas me piquer.

Des lignes droites qui n’en finissent pas  , pratiquement aucune voiture, quelques chevaux viennent le long de la clôture me voir passer, je ne trouve pas un coin d’ombre pour m’arrêter manger  , la chaleur est accablante heureusement les marches que j’ai faites en août  m’ont bien préparées  à cela.

 

01 la camargue 04

 La Camargue

 

Enfin deux cyprès, je peux m’asseoir sur un muret  un œuf dur une banane et un café et s’est repartis, il va falloir que je prépare mieux mes repas de midi.

 

Les 5 derniers km sont durs, j’ai des ampoules au petit orteil gauches la chaleur du goudron sans doute.

Enfin Saint Gilles, la basilique ou une bénévole m’indique ou se trouve le gîte et  m’invite à  visiter la crypte, c’est gratuit pour les pèlerins. D’abord  la douche des vêtements propre, un pèlerin est déjà là Jean Pierre  de Cherbourg.

Repos une heure puis je vais visite la crypte et dîner sur la place face à la basilique dans un petit hôtel restaurant qui accueille les pèlerins pour un prix modique. Je suis le seul, je mange à la table commune avec les propriétaires et deux   Saint Gillois. Le repas est très sympathique,  et les questions sur la Corse fusent, il en sera ainsi tout le temps,  de mon voyage.

21h30 au lit  enfin,  j’aurai parcouru 24 km aujourd’hui,  c’était plus difficile que je ne l’avais imaginé, c’est vrai que je n’avais jamais marché avec un sac de 13 kg, les deux litres d’eau m’ont à peine suffit.

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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 13:11

 

st gilles 6h 30 un réveil sonne, il fait encore nuit, bon il ne me reste plus qu’à me lever moi aussi, Jean Pierre fait le café, on déjeune ensemble, il me raconte qu’il a déjà fait le chemin depuis le Puy en Velay et qu’il compte  aller cette fois jusqu’à Puente la Reina. Il part avant moi, je ne suis pas encore rodé pour refaire mon sac à dos chaque matin. Pansements sur mes pieds et je quitte Saint Gilles à 7h 50 après  avoir dégusté un croissant mon seul luxe de la journée.

Le  chemin suit le canal du Rhône puis serpente entre les vignes et les arbres fruitiers.  Les vignes sont chargées de raisins, je n‘y toucherais pas, me disant que si chaque pèlerin prélève une grappe, les vendanges seront faites avant l’heure.

11h je devrais arriver à Vauvert  dans une demi-heure, mais je rate certainement une bifurcation, et me retrouve à errer au milieu des vignes sans repères. Je décide donc de marcher à 90 degrés sur ma droite, je finirai bien par retrouver le chemin, effectivement,  je le retrouve en contrebas dans un vallon,  j’ai marché une heure supplémentaire pour rien.

Je croise un ouvrier agricole l'aborde pour lui demander si je suis encore loin de Vauvert, il ne comprend pas un mot de Français, serais je donc déjà en Espagne?

12h30 Vauvert, je passe devant le gîte, l’envie de m’arrêter est forte, le ciel se couvre de nuages et les rafales de vent  ne me motivent pas beaucoup. Je m’achète à manger m’installe sur un banc du  cercle bouliste, et me repose une heure en remplaçant les pansements sur mes ampoules.

 

Je repars, cette halte m’a fait du bien, vignes, arbres fruitiers, serres, puis je longe le canal du bas Rhône  pratiquement  jusqu’à Gallargues. Une longue côte raide à souhaits pour terminer l’étape et enfin la mairie, de Gallargues. Tampon sur mon crédential et on m’indique le gîte à une centaine de mètres.

Jean  Pierre est là avec un couple de pèlerins d’un certain âge et une très jeune fille de l’ancienne RDA, qui parle très bien le français et voyage seule. Quand je lui demanderais si elle n’a pas peur sur  ces chemins déserts, elle me montre une bombe lacrymogène en me disant que cela devrait êter suffisamment dissusasif.

Mes pieds se sont refroidis, j’ai du mal à descendre jusqu’à l’épicerie,  nous mettons nos ressources en commun et nous faisons un repas  ensemble des plus sympathique.

30 km parcourus.

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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 13:04

gallargue.jpg Six  heure toujours ce fichu réveil qui sonne, Jean Pierre part le premier, je le suis après avoir soigner mes pieds.

Sept heure vingt il fait  encore un peu frais quand je pars,  le chemin emprunte une petite route, sur laquelle le jeu consiste à marcher en essayant de ne pas écraser les escargots, il y en a des centaines, des petits limaçons comme on dit dans le midi. Dès que j’ai marché un km, la douleur sous mes pieds devient anecdotique,  cela me rassure un peu pour la suite du voyage.

Je longe une digue de 2 mètres de hauteur, bâtie pour se protéger des crus du Vidourle, qui serpente à environ 500 mètres de la digue.

 

02-moulin-sur-le-virdoule.jpg

Moulin sur le Vidourle

 

Marche le long de petites routes, puis chemin sous les pins, j’apprécie cette  manière de voyager,  j’ai l’impression de faire un retour dans le passé, ce soir j’atteindrai Montpellier après trois jours de marche alors que j’ai fait souvent le parcours en moins de deux heures,  chaque pas est une  découverte,  chaque détails  aperçus, n’est pas aussitôt effacer par un autre.

Je ne verrai pas l’opidum d’Ambrussum, pourtant le chemin aurait du passer à proximité,  j’étais peut être plongé dans mes pensées quand  je suis passé devant.

J’atteins l’ancienne voie romaine qui suit l’autoroute,  je suis vraiment très déçu, elle a perdu complètement son empierrage à l’exception de quelques tronçons très courts et ressemble le plus souvent en un chemin de service.

La musique de la nature a été remplacée, par les bruits des véhicules fonçant sur l’autoroute, je trouve ma façon de voyager d’autant plus anachronique, et cela me la rend encore plus plaisante.

Un croisement, une silhouette débouche sur ma droite, c’est  Jean Pierre qui a fait une erreur de parcours,  et rejoins le chemin, nous marchons ensemble un moment puis je m’arrête quelques minutes et le laisse filer devant,  Au moment de partir, je suis rattrapé par la jeune allemande, qui compte aussi aller jusqu’à Montpellier, je lui dis que nous prendrons le bus a Vendargues pour éviter  la traverser des Z.I., je ne la reverrais pas.

Je repars, longe   un peu plus long un campement de gitans qui me saluent au passage, il est midi il fait très chaud,  plus loin un bosquet de chênes, je vais m’arrêter là pour manger et je retrouve Jean Pierre assis sur un tronc qui a eu la même idée. Nous repartons ensemble en discutant, chemin en terre dans la pinède c’est très agréable, mais au bout d’un certain temps il n’y a plus de balisage,  cette fois nous ne sommes plus sur le bon chemin,  nous sortons du bois et au lieu de Vendargues c’est Castrie.  Nous traversons des vignes pour rejoindre un petit lotissement, faire remplir nos gourdes et demander le chemin, mes deux litres d’eau n’auront pas suffit.

La fin du parcours est pénible, nous sommes obligés de suivre une nationale en risquant de se faire écraser chaque fois que nous passons près d’un platane ou franchissons un pont.

A un carrefour giratoire une grosse mercédès s’arrête à côté de nous, elle est occupée par deux monsieur et trois dames, des gitans apparemment, qui nous demande de les dépanner car ils n’ont plus ni essence ni argent, c’est un comble et nous déclinerons avec politesse leur demande d’aide

 Nous rejoignons le chemin à l’entrer de Vendargues,  l’arrêt de bus n’est pas loin.

Bus tramways, enfin le centre de Montpellier, Le gîte est attenant à la paroisse Saint Roch, il n’ouvre que vers 17h, nous nous asseyons sur la place devant une bière et une dame vient s’asseoir à côté de nous et nous parle de son pèlerinage et surtout de son retour et de sa difficulté à reprendre une vie normale.  Trois jours de marche et je commence a comprendre Jean Pierre quand il me disait  « on part randonneur et on arrive pèlerin, le chemin  transforme »

Le gîte s’ouvre, nous sommes accueillis par un hospitalier qui fait tout ce qu’il peut pour nous rendre notre séjour plus facile et nous racontera sa vie pendant notre repas.

Après la douche, mes pieds me font horriblement mal, je vais acheter de nouveaux pansements, le soir avant de me coucher, je percerais mes ampoules et désinfecterais mes pieds.  Je mets à sécher mon guide trempé par la sueur du pèlerin.

Je dors mal,  j’ai peur de ne pas pouvoir marché le lendemain, qu’elle déception si je devais abandonner au bout de trois jours. Dans la rue et sur la place des jeunes poussent des cris, toute la nuit, c’est samedi soir, pourquoi ?  Je n’aurais jamais la réponse.

J’aurais encore marché 30 km aujourd’hui,  avec la même chaleur lourde. Pour une mise en jambe, ces trois premières étapes auront été efficaces

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